Un parcours d'art contemporain

imaginé par Martin Kiefer

Pour la deuxième année consécutive, la Scène nationale 61 inclut à la programmation du festival un parcours d’art contemporain : Le Face à Face. Durant toute la durée de l’événement, de la halle au blé à la gare en passant par les rues piétonnes du centre-ville, huit œuvres contemporaines sont exposées à la vue de tous pour un chamboulement de notre vision de l’espace urbain. Le spectacle vivant comme les arts plastiques investissent l’ensemble de la Cité des Ducs pendant dix jours, il y en a pour tous les goûts!

Un musée à ciel ouvert avec les artistes suivants…
Charles-François Duplain et Philippe Queloz, LUBI 503025#13 Alençon : une installation d’une soixantaine de cônes en porcelaine en contraste avec la halle au blé.
Pierrick Sorin, Réveils : une vidéo amusante qui montre l’artiste torturé par des réveils trop matinaux, halle au blé.
Lilian Bourgeat, Vauban : des barrières surdimensionnées qui flottent dans la fontaine du parc des Promenades. Installation en complicité avec les Bains-Douches d’Alençon et l’association Piacé le radieux, Bézard – Le Corbusier.
Plonk & Replonk, Jardin d’Eden : une vingtaine de nains de jardin dissimulée dans des cubes de béton, halle au blé.
Les belles expositions de Plonk & Replonk : une cinquantaine d’affiches riches en humour et parsemées dans toute la ville.
Eloïse van der Heyden, Pièces : une installation de six maisonnettes sous forme d’anciennes boîtes sur pilotis, halle au blé.
Ernesto Sartori, Une multiplication : une sculpture géométrique. Attention, cette oeuvre ne sera malheureusement plus présentée comme prévu pour des raisons techniques. Merci de votre compréhension.

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Martin Kiefer

Martin Kiefer, historien d’art et manager culturel de formation, est en charge de l’art contemporain au musée du Louvre. Les projets de création contemporaine l’ont amené à collaborer ces dernières années avec Claude Lévêque, Zeng Fanzhi, Jan Fabre, Patrice Chéreau, Bob Wilson, Wim Delvoye ou Ai Weiwei… Parallèlement, Martin Kiefer présente comme commissaire indépendant des expositions en France (Mortagne, Arles, Paris) et à l’étranger (Milan, Tel Aviv). Il est le conseiller arts plastiques pour la Scène nationale 61 et a signé en 2014 le premier parcours artistique Face à Face pour le festival Les Échappées Belles.

Présentation du projet

Face à Face, le parcours d’art contemporain qui accompagne le festival Les Echappées Belles, s’empare pour la deuxième fois de la Ville d’Alençon avec des œuvres dans la Halle au blé et dans l’espace public. Des œuvres d’art de tous genres, sculptures, vidéo, affiches et installations, interpellent l’attention des visiteurs et prolongent le spectacle vivant sous la forme d’une exposition. Face à Face crée un échange entre l’art, les lieux et les habitants, là où on ne s’y attend pas, là, où le choix du lieu et la nature de l’œuvre nous surprendront et nous ferons redécouvrir la ville.
Face à Face va à la rencontre des Alençonnais, dans les lieux qu’ils fréquentent au quotidien, avec l’intention de brouiller les repères, de briser les habitudes et de surprendre par la nouveauté. C’est ainsi que les œuvres prennent sens, dans un lieu qui les fait exister : la Halle au blé, classée monument historique, est transformée en musée pour l’occasion. La ville historique et le parc des Promenades ainsi que la gare, font partie du parcours.

Cette année, sept œuvres d’artistes français et internationaux font rayonner la ville : à commencer par le collectif suisse, Plonk & Replonk, trois Jurassiens qui se sont forgé une renommée internationale grâce à leur humour en détournant des cartes postales de la Belle époque. On les retrouvera dans toute la ville, avec des affiches groupées par thème : un tramway-rallye à la gare, des moines sauvetains-trappistes à la basilique, un concours de tir au flan sur l’esplanade du musée des Beaux-Arts et de la dentelle, l’explosion d’une usine de pommes de terre dans la zone piétonne, le vol de la tour Eiffel devant la Halle aux toiles ou encore le gavage des nains de jardin palmés à la Halle au blé… On retrouve ces derniers scellés dans du béton, exposés sous la coupole de la Halle au blé. Cet édifice majestueux accueille l’œuvre impressionnante du collectif suisse Charles-François Duplain et Philippe Queloz, montrant une soixantaine de cônes de signalisation en céramique, dont la disposition est savamment calculée par rapport à l’orientation vers la ville de Lübeck. Est-ce le cliché de la perfection suisse, de l’ordre et de la propreté qui se reflètent dans ces LUBI brillamment blancs ? C’est la 13ème étape d’un projet itinérant qui a commencé en 2009 et qui fait référence à Lübeck, ville où Ewald Kongsbak a développé, dès 1952, les premiers cônes de chantier, ou cônes de Lübeck, dont les bandes blanches et oranges nous sont bien connues. Cette installation nous invite à déambuler sous la coupole, jusqu’à atteindre, au centre de la Halle au blé, les fragiles maisonnettes sur pilotis de l’artiste belgo-américaine Eloïse van der Heyden, qui nous font découvrir des intérieurs cachés, intimes, imaginaires. Des maisons en suspension, des sortes de tours de Raiponce laissées à l’abandon… L’artiste nantais Pierrick Sorin nous égaye en filmant les tourments matinaux d’un réveil brutal. Comment ne pas s’y reconnaître et revivre ces instants précis de l’arrachement douloureux à un sommeil profond, comment résister à l’humour avec lequel l’artiste met en scène cette torture matinale… Cette œuvre de jeunesse, qui compte parmi les créations qui l’ont fait connaître, est devenue un classique dans l’art vidéo. Cet artiste polyvalent et familier du spectacle vivant, sait savamment détourner la torture en comique… de répétition ! Lilian Bourgeat, un autre artiste jurassien, cette fois-ci du côté français, nous surprend avec des barrières flottant dans la fontaine du parc des Promenades. Mais c’est seulement en s’approchant que l’on remarque leur caractère surdimensionné. L’artiste se sert des objets utiles du quotidien, et transforme leur banalité en originalité grâce au caractère impressionnant qu’il donne à leur taille. Une autre dimension se reflète dans l’œuvre de l’artiste italien Ernesto Sartori, issu de l’école des Beaux-Arts de Nantes : il pose sa « multiplication » dans la zone piétonne de la ville, comme un signe anonyme, géométrique, crypté, mais toutefois familier. S’agit-il d’une multiplication d’une croix, d’un X, d’une signature ou seraient-ce de nouveaux codes de signalisation ?
Pour cette deuxième édition du parcours d’art contemporain, les règles sont restées les mêmes : faire de ce face à face la découverte d’une génération d’artistes divers qui proposent un nouveau regard sur notre entourage, qui attirent notre attention sur la création contemporaine sous toutes ses formes et qui nous permettent de voir notre quotidien un peu différemment. La Scène nationale 61 souligne ainsi sa volonté de développer son engagement pour les arts plastiques et d’investir de nouveaux lieux. Un joli face à face lors d’une échappée belle…